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juin 17, 2020

Le Bloc-notes de Abdou GNINGUE : Changer de nom!

La vague de protestation contre les brimades et humiliations faites aux  Noirs  après la mort de George Floyd, a atteint les côtes australiennes. Ce pays, où vivent nos cousins noirs  Arborigenes, ces Noirs aux cheveux longs et frisés, a été secoué par de vives protestations de ce groupe qui représente 3% seulement  de la population totale australienne mais  remplit 60 pour-cent de ses prisons.

Au cours de cette pandémie du Coronavirus, 30 pour-cent des victimes sont des Arborigenes parce que dépourvus d’une prise charge sanitaire adéquate. Comment peut on alors rester insensible à une telle injustice en plein 21eme siècle?

On ne connaît pas le sort de ces autres cousins Noirs Dravidiens établis en Inde depuis des siècles. Ça doit être du pareil au même dans un pays où les castes et autres couleurs de la peau déterminent le rang social des individus. 

Mais cette semaine encore une vive émotion est née lors d‘une déclaration du Révérend Al Sharpton (encore lui) dans une envolée pathétique au cours des funérailles de George Floyd à Houston, au Texas, je le cite: À chaque fois que j‘écris mon Nom de Famille, j‘ai un pincement de cœur car je sais que je porte le nom du Blanc esclavagiste Maître de mes arrières Grands Parents! (fin de citation). Ce genre  de déclaration vous arrache une larme. Il est vrai, on sait depuis toujours que les noms de famille des Africains Américains sont ceux de leurs anciens maîtres.

Mais ce qui est nouveau, c‘est plusieurs siècles après cette tragédie humaine de l‘esclavage, une telle déclaration intervient en pleine revendication du respect des droits inaliénables des peuples noirs dans le monde. Comme si on vient de découvrir que l‘homme  Noir est…un humain. On oublie trop souvent que l‘Afrique est le berceau de l‘humanité. Tous les hommes étaient Noirs mais au cours des migrations et autres déplacements, la couleur de la peau a fait des mutations pour s‘adapter aux régions où ils s‘étaient installés.

Les scientifiques comme Cheikh Anta Diop ont fait la démonstration à travers le monde. Ces populations auraient pu adopter cette chanson française Nos Ancêtres les….Africains à la place des Gaulois comme on nous le faisait répéter à l‘ecole primaire dans les années 50. 

Cette question soulevée par Al Sharpton, n‘est elle pas à la base de cette ruée par les Africains  Américains, au début des années 2000 vers les  tests ADN pour savoir  de quelle région d‘Afrique sont originaires leurs arrières grands parents esclaves. Certains parmi eux ont pu découvrir qu‘ils venaient d‘Afrique de l‘Ouest, ld‘autres d‘Afrique Centrale, d‘Afrique de l‘Est et d‘Afrique Australe. 

Alors ceux  qui ont fait ces  tests avec certains résultats ne peuvent-ils pas adopter les noms de familles les plus répandus dans ces régions?  L‘Union africaine ne peut elle pas s‘investir sur cette question et aider à trouver un solution à cette douloureuse et pathétique question soulevée par l‘activiste et homme d‘église Africain Américain. Ce qui est sûr, c‘est quand vous vivez avec eux aux États Unis vous sentez réellement qu‘ils ont la Culture africaine dans l‘Ame même inconsciemment. 

Qui  disait que la Culture est tout ce qui reste quand on a tout oublié?! Une scène que j‘ai vécue alors que  je vivais à Chicago, 3ème ville des États-Unis, me  revient toujours à l‘esprit à chaque fois que je pense à cette boutade. Je venais d‘acheter du pain sous forme brioche et emballé dans du plastique transparent et suis monté dans mon bus. 

A côté de moi une Africaine Américaine me dit monsieur votre pain pourquoi vous ne l‘emballez pas dans un sachet non transparent pour éviter les regards maléfiques surtout que vous devez le consommer. Je me croirais dans un coin de mon Sine natal, où une vieille maman Sereer pouvait me faire la même remarque. La dame ne s‘en est pas arrêtée là. Elle a demandé à la personne qui était avec elle de me donner le sachet non transparent qui enveloppait un tissu pour que je puisse protéger mon pain loin des mauvais regards.

Une remarque digne d‘un Africain de n‘importe quelle partie du continent.

C‘est comme  cela  que j‘ai vraiment compris que ces Africains Américains ont bien raison de se faire appeler Africains Américains et non Afro-américain. Qui n’a pas vécu l’expérience de rencontrer dans une ville américaine un Africain Américain et vous avez, avec l‘impression du déjà vu, que vous croyez le connaître. Vous avez même envie de le saluer en Sereer, Pulaar, Jola , Soninke, Bambara que sais  je encore?

Ça bouge un peu au niveau continent pour répondre à l‘appel de nos frères d‘Outre Atlantique. L‘Union Africaine a saisi la Commission des droits de l‘Homme des Nations Unies pour se pencher sur les multiples exactions et autres injustices que subissent les Noirs dans le monde. 

Le feuilleton de l‘occupation du littoral dakarois par des…privilégiés continue de défrayer la chronique. On entend des accusations et contre accusations et on pourrait dire que tout le monde a tort et chacun a…sa raison. Mais pour départager tout ce monde la solution pourrait venir du professeur M. Pape Goumbalo Lo de l’Universite de Cheikh Anta Diop qui participait à une émission de la Télévision Futurs Médias. Il a un plan d’aménagement de ce littoral où on aurait des restaurants, des habitations et autres infrastructures comme…un boulevard périphérique qui ceinturerait la presqu’île du Cap Vert.

Il a expliqué qu’on pourrait gagner jusqu’à 200 mètres  dans la mer, à l’image de ce qui s‘est fait au Maroc lors de la construction de la mosquée du Roi Hassan 2 à Casablanca au Maroc ou  à Dubai où on a vu des gratte-ciel surgir là où auparavant il y avait l‘océan . Les ministres en charge de l’aménagement du territoire devraient se rapprocher de lui pour que des solutions définitives soient trouvées à l’aménagement de notre littoral long de  quelque  700 kilomètres. L‘utile mêlée à l‘agréable règlerait définitivement cette question avec des plages publiques  des commerces et d‘autres installations à la disposition des citoyens. 

Au village les premières pluies annoncées par la Météo nationale sont arrivées. Elles sont de différentes intensités selon les localités. Il y en a qui ont pu commencer à semer mais d‘autres préfèrent attendre. Nous  avons bon espoir que cette année, les pluies seront au rendez-vous et on peut prévoir des récoltes  abondantes à la fin de cet hivernage dont l‘entame est fortement impactee par ce maudit Coronavirus.

Abdou GNINGUE – Journaliste Citoyen du monde rural

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