add share buttonsSoftshare button powered by web designing, website development company in India
juillet 7, 2020

Refus du développement!

Depuis quelques années au Sénégal les paysans, les politiciens de tous bords, les opérateurs économiques, les droits de l’hommistes, et même des investisseurs étrangers sont dans des querelles interminables à cause des terres et dans toutes les régions. Pourtant, le président de la République Macky Sall avait mis en place une commission ou un comité pour statuer sur cette question. Mais jusqu’à ce jour, que je sache, les résultats sortis des travaux de ces commissions n‘ont pas été rendus publics.

Ce que l‘on constate par contre c‘est une sorte  de refus du développement par nos braves paysans. Il n‘est pas rare de voir des terres laissées en friche pendant plusieurs années et inexploitées faute de moyens. Nos hommes d‘affaires qui travaillent dans l‘agroalimentaire sollicitent souvent ces milliers d‘hectares inexploités mais on leur oppose un refus catégorique de ces…propriétaires aidés dans cette position par des sociétés civiles pour ne pas dire des opposants encagoulés en mal d‘arguments convaincants pour s‘opposer au régime en place.

Cette situation perdure à travers tous les régimes qui se sont succédé dans notre pays. Pourtant toutes les terres ont été nationalisées depuis le 17 Juin 1964 avec la loi sur le domaine national. Le terme à la vogue à l‘époque c‘était la terre à celui qui la travaille. On ne pouvait pas laisser une terre inexploitée à l‘infini. Cette année, tous les paysans avaient bien compris que cette terre où ils travaillaient depuis des siècles appartiennent, désormais, non pas aux arrières arrières grands parents mais à la Nation Sénégalaise.

En ce 21eme siècle, le paysannat sénégalais doit évoluer en s‘associant aux hommes d‘affaires mais pas aux affairistes qui viennent prendre des terres à cultiver dans leur première intention mais qui font ensuite un détournement d‘objectifs. Pour se racheter ils disent vouloir construire des logements…sociaux pour tromper la vigilance des autorités. Pire, ils peuvent morceler ces terres pour les vendre à des prix exorbitants.

Nos  paysans  ont certainement des enfants bien éduqués parce qu‘ayant fait  des études supérieures et bardés de diplômes mais sont sans emplois.
Ces derniers  peuvent prendre le relais des parents et se comporter en agriculteurs modernes. Ils peuvent mettre en place des plans de développement communautaire dans l’agrobusiness avec recherche de partenariats au niveau national voire international. Cela aiderait à fixer les jeunes dans le monde rural et stopper l‘exode rural parce qu‘ayant trouvé un emploi sur place.

Ceci va effacer de nos mémoires les durs travaux champêtres au cours desquels, le père de famille entouré de ses épouses,  de ses enfants et neveux cultivait de l’arachide, à côté un lopin de terre de moins d’un hectare pour les cultures vivrières mil, maïs, haricots etc. Après les récoltes, au bout de 4 mois ce brave paysan va solliciter des vivres de soudure pour attendre la prochaine récolte. Ce cycle infernal, doit cesser grâce à une modernisation de la production.

Les membres de la société…civile dont la plupart dirigent une Organisation ont des ressources qui leur permettent d’être de véritables bouches parole pour descendre sur le terrain et  aller conseiller j’allais, j’allais dire mettre de l’huile sur le feu à chaque fois qu’il y a une protestation dans le monde rural.

Quelles sont les Organisations qui volent au secours de nos braves paysans pendant la période de soudure et en cas de pandémie ou catastrophe naturelle. Pour cette pandémie combien d’organisations ont secouru des populations en donnant des vivres ou autres produits de protection sanitaire.

A ma connaissance, elles n’ont rien fait. Ce que l’on constate plutôt, c’est la fabrication de spots publicitaires pour demander aux populations de se prémunir contre la maladie et certainement suit  un appel …de fonds supplémentaires auprès des bailleurs pour…faire face à la pandémie . Tout cela grâce aux pauvres populations au nom de qui ces organisations agissent ou réagissent.

Pour éviter tout cela il l faut revoir notre stratégie de développement.

Dans une de mes dernières chroniques je parlais d‘une spécialisation des régions de notre pays selon leurs productions locales. La Casamance naturelle pourrait être la région des fruits, des jus de fruits et du bois. Le Sine Saloum appelé le Bassin arachidier produirait tous les oléagineux pour la consommation locale et mais aussi pour l‘export.
La pêche et la production de horticole et des légumes seraient  dédiées aux régions du Cap vert et de Thiès. La région  de Louga avec son nombreux cheptel va nous fournir de la charcuterie et du cuir pour nos chaussures et autres sous produits.

La région du Fleuve serait notre grenier national avec ses nombreuses terres irriguées pour produire des céréales.

Dans le cas de Ndengueler et autres villages, il ne devrait vraiment pas y avoir de problème. En effet, si le projet abouti, des dizaines d‘emplois  seraient créés dans la zone au profit des filles et fils du terroir. Alors pourquoi refuser le développement et donner ainsi raison à Axelle Kabu qui, il y a quelques années titrait son ouvrage:  Et si l‘Afrique refusait le développement?  Il faut accepter le progrès qui vous sort de la routine que l’on pratique depuis des siècles. Est-il acceptable de rencontrer des houes ou autres hilaires pour les travaux champêtres en plein 21eme siècle?

Quand on entend la réaction de certains experts en tout ….mais spécialistes de rien du tout, on est déçu par ces élites qui ne connaissent pas les réalités de nos pays, Elles vous parleront de qualité de semences, d’un manque de pluviométrie si ce n’est pas un manque d’une pièce dans un forage qui vient de tomber en panne ou le retard de…la pluie.

Comme si c‘est les autorités politiques qui contrôlent la pluviométrie en cette période où le changement climatique a déréglé toutes les saisons et sur tous les continents.

Cette pandémie du Coronavirus est donc une occasion qui doit nous inciter à revoir les modèles de développement dans notre  pays et plus globalement en Afrique comme le fait le reste du monde. Partout, les spécialistes du développement sont en train de mettre en place des stratégies pour éviter de trop dépendre de l‘extérieur. On a vu que le manque de simples masques de protection a failli créer une guerre entre puissances économiques. Souvenez vous de ces pirateries aériennes où des commandes de masques pour un pays donné ont été détournées par un autre sur le tarmac d‘un aéroport en doublant le prix proposé par celui qui a passé la commande et s‘approprier ainsi la marchandise.

Pour éviter ce genre de pénurie, on a remarqué une réaction très rapide de nos tailleurs qui, avec l‘appui des spécialistes dans la protection sanitaire, ont confectionné des masques adaptés à notre climat et respectant les normes sanitaires recommandées.

L’autre réaction des Sénégalais face au Coronavirus, c’est le développement exponentielle du E.Commerce. Ce commerce qui permet de rester à la maison et d’un clic ou d’un coup de fil, vous commandez vos denrées alimentaires. Par ricochet, un autre métier s’est développé, c’est celui des livreurs à domicile. Ce E.Commerce doit être encouragé. Le ministère du commerce a d’ailleurs annoncé une mise en place d’une plateforme pour la vente des moutons de Tabaski. Même après la pandémie ce système s’il est adopté par les Sénégalais doit être pérennisé.

Dans cette relance de notre économie nationale toutes les forces vives de la Nation, chacune dans ses compétences, doivent faire des propositions concrètes mener notre pays vers une certaine autosuffisance de plusieurs denrées ou autres objets de première nécessité au cas où une situation pareille à cette pandémie venait à se reproduire. Arrêtons les querelles de politique politicienne et consacrons nos efforts au développement national. C’est le seul combat qui vaille.

Abdou GNINGUE
Journaliste Citoyen du monde rural

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *